L’absinthe est un monde que Manon Hély et Dorian Sommier connaissent bien. C’est à la distillerie Pernot que se forme le duo. Directrice fraîchement nommée, Manon Hély se charge de recruter son collègue en tant que chargé de production. « On s’est rendu compte qu’il était fait pour être distillateur », sourit l’intéressée. Côte à côte pendant plusieurs années au coeur d’une entreprise historique, une idée trotte dans la tête de la jeune femme en parallèle : créer le premier bar à absinthe de Pontarlier. « Beaucoup de visiteurs nous demandaient “où est-ce qu’on peut boire de l’absinthe ?” Des distilleries font de la dégustation mais il y en a plusieurs sur le secteur donc on ne peut pas forcément toutes les visiter. Les restaurateurs ne jouent pas forcément le jeu. On est la capitale historique de l’absinthe et il n’y a pas de bar à absinthe ».
Après avoir appris que la clause de non concurrence de Dorian Sommier était levée par son précédent employeur, ni une ni deux, ils cherchent à concrétiser ce projet. « On est très complémentaires. Lui gère la production, la distillation, toute la partie technique et moi toute la partie commerciale, administrative et marketing. On a visité un seul local, et on a tout de suite eu le coup de cœur », se réjouit Manon Hély. L’Absinthe Bar a ouvert vendredi 26 juin et accueille désormais le public les jeudis de 16h à 22h30, les vendredis de 15h à 23h30 et les samedis de 10h à 00h30 au 3 bis rue Pierre Dechanet.
Une distillerie en parallèle du bar
Le bar propose une quarantaine de références d’absinthes suisses, tchèques, allemandes, italiennes et bien sûr françaises, issues des distilleries du secteur dont la leur, la Maison Hély & Sommier. Ils y produisent deux absinthes, une verte et une blanche, ainsi que trois liqueurs (menthe, plantes et sureau), du gin et un produit anisé. Tout est concocté dans leur alambic, venu tout droit de République Tchèque, sauf la liqueur de sureau qui est macérée. La Maison Hély & Sommier vient donc s’ajouter aux autres distilleries du secteur, déjà nombreuses. Pour autant, la concurrence ne leur fait pas peur, bien au contraire. « C’est un produit de niche. Plus on est à en faire, mieux c’est car on pourra aller plus loin. L’absinthe a encore cette histoire qui la dessert. Beaucoup de gens pensent encore qu’elle est interdite ou qu’elle rend fou. La concurrence est une force », relève Manon Hély.
Pour créer leurs produits, ils ne mettent aucun arôme, ni naturel, ni artificiel et aucun colorant. « C’est vraiment notre point d’honneur. C’est pour cela que notre liqueur de sureau va être très foncée, ou notre liqueur de menthe transparente. Ce n’est pas forcément identique aux produits qu’on a l’habitude mais on informe les gens ». D’ici la mi-juillet, ils lanceront l’embouteillage en canettes de leurs trois cocktails dont un sans alcool : thé glacé/citron/gingembre ; gin tonic/sureau ; absinthe/mojito. « L’objectif est de démocratiser l’absinthe et de chercher une nouvelle clientèle notamment le jeune public ». Un nouveau produit devrait sortir à la fin de l’année, mais Manon Hély ne souhaite pas en dévoiler davantage. « C’est un produit qui n’a jamais été fait ici ». En attendant de le découvrir, le côté bar est lui bel et bien ouvert et compte organiser des soirées à thèmes : karaoké, années 80, DJ ou encore tarot.




























