Besançon. La hausse des actes antisémites au Musée de la Résistance et de la Déportation inquiète…

Abordée au dernier conseil municipal, le 18 juin dernier, la multiplication des saluts nazis et des comportements à caractère antisémite au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon suscite inquiétude et indignation. Face à cette recrudescence, majorité et opposition ont affiché une rare unanimité pour condamner ces actes et proposer un renforcement des mesures de prévention et de répression.

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photo de la citadelle de Besançon
Anthony Soares.

Il est peu fréquent, surtout dans le contexte politique actuel, de voir les 55 conseillers municipaux de Besançon s’accorder unanimement sur un sujet. Pourtant, lors du dernier conseil municipal, le 18 juin, un consensus s’est dégagé autour d’une question particulièrement sensible : la recrudescence des saluts nazis et d’autres comportements à caractère haineux au Musée de la Résistance et de la Déportation, situé au sein de la Citadelle de Besançon.

Une recrudescence des actes antisémites

L’alerte a été lancée par Christine Werthe, adjointe en charge de la Citadelle. Face à cette situation préoccupante, l’élue a appelé l’ensemble du conseil à une réponse collective, dépassant les clivages politiques.  « Ce que nous affrontons aujourd’hui dépasse les clivages politiques. Sur ce sujet, il ne peut y avoir ni ambiguïté ni relativisation. Je propose que nous parlions d’une seule voix pour affirmer clairement que les saluts nazis, les gestes et les symboles de haine n’ont pas leur place à Besançon » a-t-elle lancé alors que les esprits s’échauffaient depuis plusieurs minutes sur d’autres problématiques. Selon l’adjointe, le Musée de la Résistance et de la Déportation, « l’un des lieux emblématiques de notre ville », a enregistré dix incidents impliquant des saluts nazis depuis le début de l’année 2026, dont six pour le seul mois de mai. Un chiffre qui a doublé en un an, marquant une augmentation. « Les actes sont tous commis au même endroit. Dans la troisième salle du musée, devant le portrait d’Hitler« , explique par l’adjointe.

La fermeté réaffirmée

« Face à cela la ville a choisi la fermeté. » a ainsi affirmé Christine Werthe au conseil municipal. Chaque comportement à caractère haineux est systématiquement suivi d’un dépôt de plainte effectué par la Ville de Besançon « car ce ne sont ni des provocations anodines, ni des blagues. Ce sont des comportements graves contraires à la loi ». Une réaction ferme qui était déjà mise en place lors de la précédente mandature. Seule évolution, celle du dépôt de plainte concernant les mineurs : « Lorsque des mineurs sont impliqués dans le cadre d’une sortie scolaire, nous travaillons en lien avec l’Education nationale pour apporter une réponse éducative forte et lorsque la gravité l’exige, nous étendons également le dépôt de plainte. » a expliqué Christine Werthe. Informés des actes, les principaux de collège sont ensuite invités à signaler l’élève sur une plateforme de radicalisation.

Un consensus politique et des questions…

Sur les bancs de l’opposition, les propos de Christine Werthe ont été accueillis avec tout autant de fermeté. Par la voix d’Aline Chassagne, ancienne adjointe à la Culture, les élus ont apporté leur soutien à cette démarche. « Nous partageons le fait qu’il faille réagir beaucoup plus fortement« , a-t-elle déclaré, tout en s’interrogeant sur les moyens supplémentaires pouvant être mis en œuvre. L’élue a notamment proposé la diffusion systématique d’une courte vidéo avant l’entrée dans le musée afin de sensibiliser les visiteurs à la recrudescence de ces gestes, à leur portée symbolique ainsi qu’aux sanctions pénales encourues. De son côté, Christine Werthe envisage également de renforcer la scénographie du musée. « Il faudrait afficher beaucoup plus clairement des messages tels que « Vous êtes filmés » ou installer davantage de pictogrammes signalant la présence de caméras« , a-t-elle indiqué. L’adjointe souhaite enfin développer un travail de sensibilisation en partenariat avec des associations d’anciens combattants afin de renforcer le message pédagogique porté par ce lieu de mémoire.