Région. A Marnay, les soignants impliqués au coeur d’une dynamique de soins

À Marnay, la CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé) Croisée Comtoise multiplie les initiatives pour améliorer l’accès aux soins en milieu rural. En visite dans la commune ce jeudi 22 octobre, la directrice de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté a salué le dynamisme des professionnels de santé.

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Le docteur Julien Perriot (CPTS) et Mathilde Marnier (directrice de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté) c PG

À l’issue de la visite de Mathilde Marmier, directrice de l’ARS Bourgogne-Franche-Comté, à Marnay, un constat semble s’imposer : le territoire rural mise sur une organisation coordonnée des soins pour répondre concrètement aux besoins de ses habitants. Le dynamisme et les nombreuses initiatives portées par la CPTS Croisée Comtoise (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé) ont d’ailleurs été salués tout au long de la matinée par la directrice de l’Agence régionale de santé. Au cœur des projets portés par les professionnels de santé du territoire figurent la construction d’une nouvelle maison médicale, dont l’ouverture est prévue à l’automne 2027, mais aussi le développement d’actions de prévention, d’accompagnement à la parentalité et de prise en charge de la santé mentale.

Une nouvelle maison médicale et une offre de soins diversifiée

Afin de faciliter l’accès aux soins en milieu rural et de renforcer la coopération entre les professionnels de santé, une nouvelle maison médicale doit ouvrir à Marnay. En déplacement dans la commune ce jeudi 22 octobre, Mathilde Marmier a pu découvrir cette initiative, fruit de sept années de travail menées par le docteur Julien Perriot et ses collaborateurs. Leur objectif : réunir une large palette de professionnels de santé au sein d’un même lieu. Implantée au cœur du village, la future structure doit ouvrir ses portes à l’automne 2027. Elle accueillera trois médecins généralistes, deux sages-femmes, quatre infirmières, un pédicure-podologue, un ostéopathe, une diététicienne et deux infirmières en pratique avancée (IPA). Sur les autres sites du secteur, six kinésithérapeutes, une psychologue, un dentiste et un pharmacien viendront renforcer l’offre de soins.

Le coût global du projet s’élève à 2,7 millions d’euros. L’ARS apporte une contribution de 95 000 euros, le reste du financement étant assuré par des investisseurs privés. Un investissement conséquent, destiné à développer une offre de soins de proximité et à répondre aux besoins d’un territoire parfois confronté aux difficultés d’accès aux services médicaux. « Avec ce projet, nous essayons d’apporter des réponses concrètes aux besoins de santé locaux », résume le docteur Julien Perriot, qui ambitionne de faire de Marnay un modèle rural de soins coordonnés.

La CPTS Croisée Comtoise, un modèle de professionnels engagés sur le territoire

Mais au-delà du projet immobilier, c’est tout un écosystème de soins qui a été salué par la directrice de l’ARS. Mathilde Marmier a notamment mis à l’honneur « la dynamique de la CPTS, un modèle original de soins coordonnés. Vous êtes l’une des structures les plus développées en la matière », a-t-elle souligné. Cette coopération repose sur la complémentarité des professionnels de santé et leur capacité à travailler ensemble, au-delà des simples consultations médicales. Prévention, accompagnement des familles et interventions auprès des jeunes font ainsi partie des actions déployées sur le territoire de Marnay. Parmi les initiatives présentées, les ateliers d’accompagnement à la parentalité ont particulièrement retenu l’attention de la directrice de l’ARS. « Le but est d’offrir aux parents un espace de parole, d’écoute et d’échanges avec les professionnels de santé », explique Charline Colin, sage-femme et cogérante de la maison de santé. Ces ateliers mobilisent plusieurs acteurs locaux, notamment des professionnels de la petite enfance, des soignants et des agents de France Services.

La santé mentale au cœur des préoccupations de la CPTS

« L’un des enjeux prioritaires de la CPTS aujourd’hui, c’est la santé mentale », a souligné Cédric Cheviron, infirmier et référent santé mentale au sein de la CPTS. Souvent isolé face à ces problématiques, encore trop souvent considérées comme taboues, le monde rural est particulièrement concerné par les difficultés d’accès aux soins en santé mentale. Pour répondre à cet enjeu, plusieurs professionnels de la CPTS Croisée Comtoise se sont regroupés afin d’identifier les troubles les plus fréquemment rencontrés au sein du bassin de population marnaysien et de proposer un accompagnement adapté aux besoins des patients. « On s’est rendus compte que l’on avait de nombreuses consultations liées à des troubles borderline et psychotiques », a expliqué Cédric Cheviron. Cette démarche vise à offrir une prise en charge personnalisée et de proximité, tout en contribuant à réduire la pression sur les structures psychiatriques bisontines, déjà très sollicitées. Mathilde Marmier a salué cette initiative : « C’est exactement l’orientation que l’on préconise au niveau de l’ARS », a-t-elle déclaré. Elle a également rappelé que, selon les chiffres de l’agence, 30 % des consultations de médecine générale relèvent de problématiques liées à la santé mentale. « Aujourd’hui, on ne peut pas tout attendre de la psychiatrie », a-t-elle ajouté. Afin de soutenir cette démarche, l’ARS a signé une convention avec la CPTS, prévoyant une aide de 50 000 euros destinée au développement des dispositifs de santé mentale.