Région. En visite chez Coquy, Annie Genevard défend la souveraineté alimentaire dans le Doubs
La ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, était en visite chez Coquy à Flagey, le vendredi 5 juin, quelques jours après que le projet de loi sur l’urgence agricole a été adopté en première lecture par les députés. Terre Comtoise, dont Coquy est une filiale, en a profité pour annoncer un projet de cinq poulaillers et d’une casserie.
Elle était sur ses terres le vendredi 5 juin. Quelques jours après l’adoption en première lecture par les députés du projet de loi sur l’urgence agricole, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, était en visite dans l’entreprise Coquy, à Flagey, pour défendre la souveraineté alimentaire. « La filière œuf est très sollicitée car la consommation est forte et on s’en réjouit. On est presque autonome mais pas complètement. Il y a 10% d’importations supplémentaires chaque année donc on a besoin de poulaillers mais à taille tout à fait humaine, qui peuvent aller jusqu’à 60 000 poules, mais ce n’est pas forcément dans un seul bâtiment », explique la ministre, tout en assurant que les “méga poulaillers”, ne sont pas les objectifs « que nous souhaitons développer ». Selon elle, la moyenne type est de 40 000 poules, « rapporté aux poulaillers ukrainiens de presque deux millions de poules ». Dans le cadre de la loi agricole, la France se réfère aux standards européens, de 60 000 poules pondeuses pour une même exploitation.
Un projet de cinq nouveaux poulaillers chez Terre Comtoise
L’entreprise Coquy fête ses 70 ans cette année. En 1956, Albert et Marguerite Bourgon se lancent le défi de proposer un œuf régional. En 2019, la société intègre la coopérative Terre Comtoise. « On a fait évoluer le nombre d’œufs vendus pour passer de 75 millions à 82 millions, et on aimerait bien passer à 100 millions d’œufs à l’année d’ici un an. Pour cela, il faut qu’on trouve des poulaillers en plein air et en bio », détaille Jean-Philippe Klopp, responsable commercial chez Coquy. Aujourd’hui, la société représente 47 emplois directs et Terre Comtoise travaille avec 4500 éleveurs.
La coopérative a profité de la visite ministérielle pour présenter ses trois projets : la création d’une casserie pour valoriser les œufs déclassés en région (il s’agit d’un procédé agroalimentaire permettant d’obtenir des ovoproduits à l’aide de machines spécialisées, ndlr), ou encore la volonté de redonner une seconde vie aux abattoirs en périphérie de Besançon en poulets de chair. Mais le projet phare reste la mise en route de cinq nouveaux poulaillers, de 30 000 poules chacun. Un investissement de 1,5 million d’euros. « Ce sont des projets qui ne sont pas toujours faciles à déployer. On compte sur la loi d’urgence agricole pour nous donner des leviers et donner plus de sérénité aux porteurs de projets », insiste Clément Tisserand, président de Terre Comtoise. « On a nos éleveurs qui ont monté un groupe de travail pour pouvoir apporter les bonnes choses : savoir ce qu’il y a à faire ou non, ce qu’il ne faut pas reproduire pour qu’ils puissent en vivre correctement. En achetant les œufs Coquy, les clients peuvent bien rémunérer des éleveurs de Bourgogne-Franche-Comté. 30 000 poules chacun, ça reste des petits poulaillers », complète Jean-Philippe Klopp.
L’acceptabilité sociale des bâtiments agricoles, un sujet à travailler
« Ce qui est vertueux ici, c’est qu’on a des producteurs locaux. On est dans un système de circuit court. Un œuf pondu le matin, le lendemain matin, il est dans les magasins. C’est exceptionnel quand même », se réjouit Annie Genevard. Pour réussir ses projets, il subsiste un problème bien identifié par les différents acteurs : l’acceptabilité des bâtiments d’élevages par la société. « Quand vous dites poulaillers géants, forcément ça fait peur. Il appartient à la profession, aidée des pouvoirs publics, d’expliquer que non, ce n’est pas forcément des installations démesurées, ni de la maltraitance animale. Ce sont des investissements vertueux comme ici à Terre Comtoise, chez Coquy, où on a le souci de produire des œufs bio, plein air, des œufs qui sont respectueux de l’animal et de l’environnement. Les éleveurs font beaucoup d’efforts pour répondre aux exigences de la société, mais il faut que la société le leur renvoie, en les aidant, en n’obstruant pas ».
Le projet de loi d’urgence agricole vise à « libérer la production, protéger face aux nouvelles menaces et construire des perspectives et débouchés désirables », a-t-elle rappelé lors de son audition devant le Sénat le 9 juin. Il doit permettre de lutter contre la concurrence déloyale, faciliter l’accès à l’eau, simplifier les projets d’élevages. Adopté à l’Assemblée nationale en première lecture, avec 369 voix pour et 178 contre, ce projet de loi ne satisfait pas la Confédération paysanne qui estime que « l’Assemblée nationale choisit l’agro-industrie au détriment de la majorité des paysans ». Le texte doit être examiné par le Sénat à partir du 29 juin.
Franche-Comté Élevage veut proposer des gammes d’été
À la suite de la visite de l’entreprise Coquy, une table ronde était organisée avec les différents acteurs agricoles locaux. L’occasion d’évoquer plusieurs projets dans différentes filières agricoles, à l’instar de Franche-Comté Élevage qui a pris la parole pour détailler un projet qui va « dans le sens de la souveraineté alimentaire », précise Florent Jacquemin-Verguet, directeur de Franche-Comté Élevage. Il y a deux ans, le groupe a acheté un bâtiment équipé d’une unité de stockage en froid négatif pour pouvoir assurer la congélation des marchandises. « Aujourd’hui, on veut passer à l’étape suivante, c’est-à-dire assurer le conditionnement de nos produits issus des deux unités de transformation : l’abattoir de Valdahon spécialisé en porcs, et l’abattoir de Besançon spécialisé en bovins, veaux. On veut ramener tout ce qui est abats et sous-produits, écoproduits sur ce bâtiment pour pouvoir les conditionner en vue de les expédier sur les marchés à l’export ».
En parallèle, Franche-Comté Élevage dispose de surface supplémentaire et aimerait atteindre la troisième transformation, celle de la découpe plus affinée ou élaborée, pour permettre notamment de proposer des gammes été, telles que les chipolatas, la merguez ou encore les brochettes. « Ces gammes d’été peuvent répondre à un besoin local régional », poursuit Florent Jacquemin-Verguet.
Si plusieurs syndicats agricoles étaient présents à cette table ronde, la Confédération paysanne a fait le choix de la boycotter, dénonçant dans un communiqué « une opération de communication ».
La marque bisontine Hafnium poursuit sa croissance avec une nouvelle adresse à École-Valentin. Ce magasin met l’accent sur le prêt-à-porter masculin du quotidien, entre vêtements et accessoires. Pour marquer l’ouverture, des pièces issues des anciennes collections sont mises en avant.
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