Invitée de la semaine. Léa Fraichard, déléguée territoriale de l’AFEV Besançon

L’association de la Fondation Étudiante pour la Ville (AFEV) recherche des étudiants bénévoles pour devenir mentors auprès d’enfants et de jeunes du territoire. Avec un engagement de deux heures par semaine, l’objectif est d’accompagner un jeune en difficulté dans son parcours éducatif pour lui redonner confiance, envie d’apprendre et ouvrir le champ des possibles.

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Qu’est-ce que l’AFEV ?

On est une association nationale, avec un siège à Paris et des pôles partout sur le territoire français, née il y a bientôt 35 ans. On est à Besançon depuis 2017. L’idée est de permettre de créer des liens de solidarité entre publics qui n’auraient pas eu forcément vocation à se rencontrer, à savoir des bénévoles qui sont des étudiants, souvent localisés dans les centres-villes ou proches des campus universitaires et des jeunes issus des quartiers prioritaires de la ville. Tout ça, grâce à un programme appelé le mentorat. Nos bénévoles sont des mentors et les jeunes de 6 à 18 ans accompagnés sont des mentorés.

Chaque semaine, pendant deux heures, ils se rencontrent au domicile des familles pour d’abord apprendre à se connaître, créer un lien de confiance pour avancer par la suite sur les difficultés éducatives que peuvent rencontrer les jeunes mentorés.

L’AFEV de Besançon agit principalement sur trois programmes ?

On a le mentorat que je viens de vous décrire. On a également le programme de volontaires en service civique. Chaque année, on accueille entre six à dix services civiques au sein de notre association à Besançon. Ils vont avoir un temps de leur contrat dédié à mener des actions au sein de collèges qui sont en quartiers prioritaires, notamment à Planoise et Clairs-Soleils. 12h par semaine, ils vont mener des activités, des animations pour favoriser le climat scolaire et venir en appui sur l’aide à la scolarité au travers du temps “devoirs faits”, un dispositif porté par l’État où les collégiens sont accompagnés dans la réalisation de leurs devoirs.

Enfin, on a le mentorat passerelle, un dispositif né à Besançon. On va mettre en relation un élève de Troisième avec un élève de lycée, principalement en Première. L’idée est d’accompagner cet élève de Troisième pour qu’il se projette le plus facilement possible sur la Seconde. C’est un mentorat qui a une particularité. Si le collégien a des difficultés éducatives, la première étape sera de faire en sorte qu’il réussisse à obtenir son brevet. Mais au-delà de cet aspect devoirs, il y a aussi une aide à l’orientation et à la projection sur le lycée. On développe ce dispositif en partenariat avec le lycée Pergaud, depuis trois ans, et avec le lycée Victor Hugo depuis un an. Cette année, on va essayer de développer avec ces mêmes lycées, du mentorat inter-lycéens dans la continuité de ce mentorat passerelle.

Pour la rentrée, vous recherchez des mentors pour le mentorat étudiant ?

C’est ça. Les enfants qu’on accompagne sont repérés par des partenaires professionnels. Chaque année, on en a environ 250 et notre défi est de faire en sorte qu’à la fin de l’année, chaque enfant ait pu avoir un accompagnement d’un mentor étudiant. C’est un challenge car les étudiants ont un gros emploi du temps, certains cumulent un job à côté donc 2h d’engagement par semaine peut sembler lourd.

Quelles sont les missions demandées au mentor ?

Il aura pour mission d’être disponible toutes les semaines, ou de manière régulière. Il faut qu’il y ait une volonté de créer du lien et de découvrir un jeune qu’il ne connaît pas. On va lui demander d’aider son mentoré sur de l’aide aux devoirs mais pas que. On a des binômes qui ne font pas du tout de devoirs mais chaque semaine, ils se voient pour discuter, se balader au centre-ville, faire une activité. On propose aussi des sorties collectives. Il existe des possibilités de mentorat diverses et variées autant qu’il existe de profils d’enfants.

Comment définissez-vous les binômes ?

Notre premier critère est de faire en sorte que les bénévoles ne soient pas envoyés dans une famille à plus de 30 minutes à pied ou en transports en commun de leurs domiciles. Ensuite, parfois on a des bénévoles qui nous disent être plus à l’aise avec un enfant de l’école primaire plutôt qu’un adolescent et vice-versa. On ne prend pas forcément en compte les activités ou intérêts communs. L’expérience nous montre que ce n’est pas un facteur de réussite de la création d’un lien et ce qui est intéressant est de faire en sorte que des personnes qui n’ont pas grand chose en commun puissent créer du lien et apprendre l’un de l’autre. C’est une expérience réciproque avec un enrichissement mutuel.

Qui peut devenir mentor ?

Tous les étudiants de Besançon peuvent postuler. Il y a un formulaire en ligne à compléter disponible sur notre site internet. Un profil d’engagement bénévole peut aussi faire la différence sur les dossiers.