Besançon. Budget, indemnités : un deuxième conseil municipal animé

Le jeudi 23 avril dernier a eu lieu le second conseil municipal de l'ère Fagaut. Une séance attendue avec la présentation officielle du nouveau budget primitif mais également des commissions et des indemnités. Un conseil au cours duquel les débats ont eu lieu et où le changement de cap politique a pris forme.

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Le deuxième conseil municipal du mandat de Ludovic Fagaut, s’est tenu ce jeudi 23 avril. Il  s’est ouvert dans un climat nettement plus serein que le précédent. Pour rappel, la première séance s’était achevée par un départ fracassant de l’opposition, laissant présager de nouveaux échanges houleux. Cette fois, les débats ont bien eu lieu, permettant à l’opposition de s’exprimer sur les principales délibérations, notamment le budget primitif, la composition des commissions et les indemnités de l’exécutif. Mais si les tensions liées aux élections municipales semblent s’être apaisées, les débats de fond ont rapidement révélé une fracture politique majeure entre deux visions bien différentes.

Indemnités et cumul des mandats de Ludovic Fagaut au coeur des débats

Le débat s’est particulièrement crispé autour de la revalorisation de l’indemnité du maire. Ludovic Fagaut a annoncé vouloir fixer celle-ci à 110 % de l’indice, contre 95 % sous la mandature d’Anne Vignot. Une hausse qui resterait toutefois en dessous du plafond légal fixé à 145% maximum. Face aux critiques, le maire a assumé ce choix : « Pour exercer la fonction de maire, j’ai entièrement cessé mon activité professionnelle. Je travaille sept jours sur sept, à la tête de plus de 3 600 agents, avec une centaine d’heures par semaine. Si l’on ramène en net, cela représente 3 800 € mensuels, soit 160 € de plus que lors du mandat précédent », a-t-il justifié. L’opposition, sans remettre en cause le principe des indemnités, a questionné leur niveau dans le contexte économique actuel : « La question des indemnités est légitime. Mais dans le contexte actuel, où chacun est appelé à se serrer la ceinture, cela peut donner un sentiment de déconnexion » a lancé Hasni Alem, élu de l’opposition. Jérémie Jeanvoine a également pointé du doigt la pertinence « de s’octroyer une telle augmentation », évoquant une hausse de 1 000 € brut mensuels pour la Ville et de 1 600 € pour Grand Besançon Métropole.

Le cumul des mandats a également alimenté les débats. Ludovic Fagaut cumule en effet les fonctions de maire, président de Grand Besançon Métropole et premier vice-président du département du Doubs. « Notre ville mérite un maire à plein temps », a lancé Jean-Sébastien Leuba, tandis qu’Hasni Alem s’est interrogé ironiquement devant l’assemblée : » Comment vous faites pour cumuler toutes ces fonctions ? Donnez-moi la recette parce que j’en aurais vraiment besoin ». Une remarque à laquelle Ludovic Fagaut a répondu sans détour : « J’ai encore le droit de fonctionner comme je veux dans mes mandats. On doit trouver une complémentarité entre GBM et le Département, et c’est dans cette démarche que je m’inscris ». Reste à voir si cette organisation pourra être tenue dans la durée par Ludovic Fagaut qui, malgré son engagement, demeure — jusqu’à preuve du contraire — un être humain.

Des commissions resserrées qui divisent

La nouvelle majorité a choisi de structurer le travail municipal autour de quatre commissions. Un nombre restreint justifié par Ludovic Fagaut : « Quand vous multipliez les commissions, les quorums ne sont pas atteints et on ne peut pas débattre ». Au moment de dévoiler la composition de la commission n°1 relatives aux Finances, Anthony Poulin (ancien adjoint aux Finances) a pris la parole. Il est revenu sur un engagement pris par Ludovic Fagaut durant la campagne concernant la co-présidence de la commission des Finances avec un élu de l’opposition. Une promesse qui avait déjà fait couler beaucoup d’encre à Grand Besançon Métropole, notamment pour la composition du bureau. Ici encore, Ludovic Fagaut s’est montré inflexible : « votre coalition n’est plus la même entre le moment où je me suis exprimé et le deuxième tour des municipales puisque vous avez prêté allégeance à l’extrême gauche ». Le maire n’a pour autant pas exclu qu’un membre de l’opposition puisse co-présider le comité du Plan Pluriannuel d’Investissement (PPI). Maigre consolation pour l’opposition.

Dérapages et règlements de comptes

Que serait un conseil municipal en 2026 sans quelques règlements de comptes politiques ? Malgré un cadre beaucoup plus apaisé, certains propos tenus ont mis le feu aux poudres. A commencer par l’intervention de Franck Monneur, conseiller municipal de la majorité qui a taxé les élus du Parti Communiste Français a « des héritiers de Staline« . Un dérapage qui a fait réagir l’opposition, soulignant « les propos excessifs » tenu par le conseiller municipal. Aline Chassagne, élue communiste, a quant à elle rappelé que « Le Parti Communiste Français n’est pas Staline et que nous condamnons tous les totalitarismes ». Autre passe d’arme marquante, celle opposant Ludovic Fagaut à Anne Vignot concernant les bureaux vides laissés par l’ancienne équipe municipale. « Quand on rentre dans les bureaux et que les dossiers sont vides, vous appelez ça de la démocratie ? » a-t-il lancé à Anne Vignot, qui particulièrement énervée par cette allusion a répondu du tac au tac « Si vous cherchiez mes brouillons, non je ne les ai pas laissés. Pour le reste, les dossiers sont dans les services de la mairie ».

Un budget primitif en hausse et des priorités assumées par la nouvelle majorité

Le budget primitif a été présenté par le nouvel adjoint aux Finances, Fabrice Taillard, comme un projet construit « autour de priorités fortes et urgentes pour répondre rapidement aux attentes des Bisontines et des Bisontins ». Parmi ces priorités, le renforcement des effectifs de la police municipale, le fleurissement de la ville, la multiplication par quatre du budget consacré au Marché de Noël ou encore la gratuité du stationnement en ville entre 12h et 14h. Un budget de 229,2 millions d’euros dont 166 millions d’euros dédiés au fonctionnement et 63 millions à l’investissement avec une conséquence directe : une hausse de 1,5 million d’euros prévue avec « un recours raisonné à l’emprunt et à l’épargne » selon la nouvelle majorité, « sans hausse de l’imposition ». Une politique de dépense qui n’a pas manqué de faire réagir l’opposition a commencé par Anthony Poulin : « J’alerte sur votre projet. Ça nous oblige à aller chercher l’épargne donc à piocher dans notre filet de sécurité ».

Dans le détail, 600 000€ sont prévus par le nouveau budget pour recruter 10 policiers municipaux de plus (12 postes sont actuellement vacants, ndlr). 300 000€ de plus seront alloués au marché de Noël (soit un budget multiplié par quatre). Serges Couesme a d’ailleurs justifié ce nouveau poste de dépense prioritaire : « le marché de Noël c’est du flux dans nos rues et dans nos commerces. On va essayer de produire quelque chose de nouveau et d’impactant ». La nouvelle majorité consacrera 200 000€ au fleurissement de la ville (soit un budget multiplié par quatre), alors qu’elle renoncera à 300 000€ de recettes afin de financer la gratuité du stationnement pendant l’heure de midi. Enfin 150 000€ seront attribués à la formation des agents municipaux et à l’organisation d’audits.

Une opposition critique sur la stratégie

Tout au long de la présentation du nouveau budget primitif, l’opposition n’a cessé de dénoncer la « politique d’image » choisie par la nouvelle majorité. Séverine Véziès a souligné la mise en place d’une « politique communicationnelle au détriment de la justice sociale » alors qu’Abdel Ghezali, ancien 1er adjoint a dénoncé la politique du « cosmétique d’abord ». Pour Aline Chassagne, qui a le sens de la formule, la politique de Ludovic Fagaut marque une profonde rupture avec ce qui a été fait auparavant : « Avec nous, il n’y avait pas de fleurs, pas de flingues mais des arbres et des écoles« . Reste à voir si cette nouvelle vision politique choisie par les Bisontins portera ses fruits.