Besançon. Firmin Moncet, figure emblématique du rugby bisontin est décédé

Il était connu comme l’un des plus grands joueurs que le rugby bisontin n’ait jamais connu. L'Antillais Firmin Moncet est décédé le 14 avril dernier en Martinique.

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c Alain Dougy

Né en 1942 en Martinique, Firmin Moncet n’était pas destiné à une carrière dans le rugby. Contraint de quitter son île pour effectuer son service militaire à Lons-le-Saunier en 1965, il se distingue d’abord en boxe, devenant champion de France militaire dans la catégorie des poids lourds. C’est finalement dans la capitale bisontine qu’il découvre le rugby et signe sa première licence à l’Olympique de Besançon (OB). Dès lors, son histoire d’amour avec le ballon ovale ne le quittera plus.

Figure des grandes années de l’Olympique de Besançon

Doté d’un physique impressionnant, il évolue au poste de deuxième ligne et s’impose rapidement comme un joueur incontournable. Aux côtés de joueurs talentueux tels que Gérard Chapuis, Jean-Pierre Millet, Henry Bourcet et Claude Outrey, le club bisontin enchaîne les succès et accède à l’élite du rugby français en 1972. De Brive-la-Gaillarde à Mont-de-Marsan, en passant par La Rochelle, il impressionne sur tous les terrains. « C’était une véritable terreur », se souviennent ses anciens coéquipiers. Jean-Pierre Millet raconte : « Les adversaires regardaient toujours la feuille de match pour vérifier s’il jouait. Ils le craignaient tous. » Après la relégation de l’OB en deuxième division, il rejoint le US Tyrosse pour une saison, avant de revenir à Besançon. Il y devient capitaine puis entraîneur, rôle qu’il occupe jusqu’aux années 1980.

Firmin Moncet, figure malheureuse du racisme

Malgré ses performances, Firmin Moncet ne connaîtra jamais l’équipe de France. À l’époque, les mentalités étriquées et racistes freinent l’accès des joueurs noirs au plus haut niveau. Firmin Moncet était l’exception à Besançon. Il subit régulièrement des insultes racistes, sur et en dehors des terrains. « À chaque match, il était pris à partie à cause de sa couleur de peau. Parfois on l’appelait blanchette », témoignent d’anciens membres du club.

Un rugbyman au grand cœur

Du haut de ses 1 m 93 et de ses 105 kg, Firmin Moncet n’était pas qu’un joueur de rugby exceptionnel. Il était avant tout un « homme au grand cœur ». En revenant à Besançon, son premier geste fut d’aller se recueillir sur la tombe d’un de ses coéquipiers qu’il avait pris sous son aile, Denis Belzung, décédé tragiquement quelques années plus tôt. « Dans Besançon, tout le monde le connaissait, c’était un homme extrêmement gentil » se confie Jean Pierre Millet.

Reparti vivre en Martinique en 1985, il était revenu à Besançon pour célébrer les 50 ans du club en 1994 et les 50 ans de la montée en première division en 2022. Il avait pour l’occasion retrouvé ses coéquipiers de l’époque, racontant aux plus jeunes les folles années de l’OB au plus haut niveau. Figure de l’OB, Firmin Moncet est décédé des suites d’une longue maladie. Il laisse derrière lui l’image d’un joueur exceptionnel et d’un homme profondément respecté, dont la mémoire demeure vive dans le rugby bisontin.