Besançon depuis un avion. Crédit : Anthony Soares.

Une planification lacunaire, un manque évident de concertation entre les différents acteurs pour s’adapter, un travail scientifique plus fourni que les autres pays, inefficace au regard de l’absence d’objectifs clairs. C’est en résumé de cette manière que le rapport annuel 2024 de la Cour des Comptes, publié le 12 mars 2024, analyse l’action (ou l’inaction) de l’État Français face au dérèglement climatique.  S’appuyant sur les relevés des différents Chambres régionales des comptes, le rapport de plus de 700 pages décrypte en 16 chapitres les retards du pays et les différentes actions menées notamment par les collectivités locales. Besançon fait partie des communes ayant conservé un « plan climat ». Un choix en lien direct avec les compétences pilotées par la municipalité et nécessaires pour l’adaptation au dérèglement climatique, comme la rénovation thermique des bâtiments publics. Au centre-ville notamment, les règles autour de la préservation du patrimoine sauvegardé restent un point de friction avec les transformations nécessaires pour rénover les bâtiments.

La Cour des Comptes cite notamment l’arrivée d’un écologue en charge de la direction de la biodiversité et des espaces verts à Besançon, une démonstration de la prise en compte locale des enjeux. Chaque projet d’intervention de la collectivité sur l’espace public bénéficie de l’expertise du professionnel.

Un manque de financement

Si la précision des analyses et besoins de la Ville en matière d’adaptation est solide, le manque de financement reste le frein majeur. La Chambre régionale écrit dans son rapport : « Les actions d’adaptation bénéficient d’une allocation budgétaire significative mais qui reste cependant limitée, quand on la rapporte au budget municipal. Les dépenses en faveur de l’adaptation totalisent de l’ordre de 7 % des dépenses d’investissement depuis 2017 ». La Cour elle, relève un investissement de 15,3 millions d’€. Un niveau qui grimpe 18 % en intégrant plus largement des dépenses en faveur de l’amélioration de la performance énergétique du patrimoine municipal, notamment des écoles.

M.S