Ce triple sentiment, une semaine après l’attaque surprise et dévastatrice du Hamas en Israël. Choc d’abord, par l’horreur et l’ampleur des dégâts du groupe terroriste. Une attaque préparée depuis de longs mois à en croire les services de renseignements Égyptiens qui auraient prévenu Benjamin Netanyahu, d’une frappe imminente. Cette guerre marque aussi l’échec cuisant de la politique du premier ministre d’Israël visant notamment à s’entendre ces dernières années avec le Hamas pour éliminer tout autre représentant de la cause palestinienne (Autorité palestinien, Fatah, Jihad islamique…). Si l’union nationale pour défendre la patrie est de mise, journalistes et personnalités juives appellent déjà à la démission du gouvernement.

Du dégoût ensuite, en observant les terribles images circulant sur les réseaux sociaux et en découvrant au fil des articles, les actes ignobles commis par le Hamas. Observer l’horreur permet d’abord de vérifier les faits : cet immense émoi du monde pour Israël fut, comme à chaque drame humain, l’occasion pour des charognards de diffuser du faux contenu et l’utiliser pour justifier une idéologie immonde. Assez d’horreur pour en inventer, la précision prévaut sur l’émotion. Plusieurs journalistes, tous de la même chaîne israélienne, I24News, ont matraqué face caméra que « 40 bébés avaient été décapités à Kfar Aza », un récit soutenu par plusieurs militaires juifs. Certains ont d’abord fait machine arrière assurant que leur propos s’appuyait sur des témoignages de soldats qui eux-mêmes s’appuyaient sur d’autres membres de Tsahal (Ndlr : l’armée israëlienne). « Personne ne m’a parlé de décapitation, encore moins de 40 bébés décapités », écrira deux jours plus tard le grand reporter du Monde Samuel Forey, présent à Kfar Aza, sans pour autant assurer l’inverse.

Désespoir enfin, face aux représailles engagées par Israël depuis une semaine sur la bande de Gaza. La guerre s’est transformée en vengeance, comme en témoigne les propos du ministre Israélien de la défense, Yoan Galant : « Nous imposons un siège total contre la ville de Gaza. Il n’y a pas d’électricité, pas de nourriture, pas d’eau, pas de carburant. Tout est fermé. Nous combattons les animaux humains et nous agissons en conséquence ». La catastrophe humanitaire va une nouvelle fois s’amplifier notamment à Gaza, l’enclave surpeuplée de 2,3 millions d’habitants, régulièrement bombardée. Entre 2008 et 2020, le nombre de victimes étaient de 251 côté Israël contre 5590 chez les palestiniens. Ce mercredi 11 octobre alors que la guerre continue, les autorités recensaient plus de 1200 morts côté Israélien, contre 1000 côté palestinien (chiffres en cours).