Haut-Doubs. « Oui il y a l’enjeu démocratique, mais impossible pour moi de parrainer Zemmour »

Depuis quelques jours, Eric Zemmour revient sur le devant de la scène médiatique en quête de parrainages pour déposer officiellement sa candidature. Il y a un mois ses équipes s'étaient rendues discrètement dans le Haut-Doubs à la recherche de précieuses signatures, qu'il n'a pas encore.

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Ce n’est pas anodin si le candidat d’extrême droite Eric Zemmour circule depuis quelques jours à travers tous les médias possibles, s’insurgeant contre le fait que ses parrainages soient publics. Deux mois après son tapage médiatique où nombreux des sondages l’annonçaient au second tour des élections présidentielles en avril prochain, le candidat du parti Reconquête! compte, d’après ses équipes, 300 signatures d’élus. Il en faut 500 pour pouvoir déposer officiellement une candidature.

« Si parrainage ne veut pas dire soutien, le public le comprend comme tel »

Ses équipes traversent la France à la recherche de précieux parrains allant même jusqu’en dans les plus petites communes comme à Vuillecin. Le 20 décembre dernier, Laurence Invernizzi, la maire de la commune de 660 habitants, a reçu la visite d’un homme du parti. « C’est le seul parti à faire ça. J’ai eu des coups de téléphones, des courriers, mais pour Zemmour, j’ai reçu la visite de cet homme qui venait de très loin, près de Valence. Il prenait des notes à propos de notre fonction de maire, nos besoins, expliquant souvent qu’avec Eric Zemmour, les choses changeraient, qu’il fallait faire jouer la démocratie pour permettre à plusieurs candidats de se présenter. Ce n’est pas faux mais si un parrainage ne veut pas dire soutien, le public le comprend comme tel. »

« L’important pour nous, c’est faire vivre la commune »

Eric Zemmour lui même associe parrainage et soutien. C’est d’ailleurs pour cette raison, selon lui, que les 500 signatures ne sont pas encore enregistrées : « il y a eu une perversion de la loi originelle par François Hollande dans le mandat précédent. Il a rendu publics les noms des maires. C’est un scandale démocratique » (Europe 1). Pour autant Laurence Invernizzi l’assure, même anonyme, elle n’aurait pas signée. « Les petites communes sont apolitiques, dans mon équipe j’ai peut-être des gens de gauche, de droite, des extrêmes, je ne sais pas. L’important pour nous est de faire vivre la commune, alors même que nous avons de moins en moins de pouvoir. Oui il y a l’enjeu démocratique, mais impossible pour moi de parrainer Zemmour. », poursuit la maire de Vuillecin.

Comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, Eric Zemmour a jusqu’au 4 mars pour déposer sa liste de parrainages auprès du Conseil Constitutionnel. Les autres partis ont déjà leurs signatures et pourraient faire pencher la balance. En début de semaine Guillaume Peltier, l’ancien numéro 2 du parti Les Républicains, annonçait soutenir Eric Zemmour. Une stratégie selon certains observateurs pour permettre au candidat d’obtenir ses 500 signatures et entretenir le partage des votes de l’extrême droite entre lui et Marine Le Pen. Au profit de Valérie Pecresse. Risqué, mais si la Droite appelait officiellement certains élus à parrainer Eric Zemmour, il ne serait pas surprenant de voir apparaître certains d’élus du Haut-Doubs en mars prochain sur sa liste des signataires.

Martin Saussard