Haut-Doubs. Pays Horloger: Un nouveau souffle pour le covoiturage ?

Pas facile de rompre avec les habitudes. Celle de l’autosolisme, c’est-à-dire chacun seul dans sa voiture est par exemple coriace. Le prix du carburant fera-t-il changer la donne ?

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Des panneaux indiquent un emplacement réservé au covoiturage. Il y en a une vingtaine en Pays Horloger.

Initié en 2011, le dispositif Covoiturage dans l’Arc jurassien associe aujourd’hui 18 partenaires suisses et français. Il promeut le covoiturage dans cette région de moyenne montagne partageant 230 km de frontière franco-suisse. « Le constat fait à l’époque reposait sur les difficultés accès aux frontières, la congestion des axes de circulation matin et soir dans un sens comme dans l’autre », explique Giorgio Giovannini, co-directeur de Mobilidée qui gère le dossier. Un grand nombre de pendulaires sont en effet très attachés aux déplacements en voiture et trop souvent seuls dans leur véhicule.

Insister sur l’avantage économique

L’étude des flux a alors été suivie de l’identification de plusieurs parkings. « Pour impulser cette nouvelle façon de venir en travail, à plusieurs, nous avons solliciter les entreprises suisses pour qu’elles fassent la promotion du covoiturage auprès des travailleurs frontaliers ». 180 sociétés ont permis de toucher plus de 40000 collaborateurs grâce à des outils de communication reprenant l’argumentation bien connue : « Le covoiturage est bon pour l’environnement mais aussi pour la santé de la personne qui aura moins de stress et moins de fatigue ».

En dix ans, les adeptes de ce partage des contraintes et des frais avait doublé portant à 25% la part des travailleurs frontaliers partageant leurs trajets. Un autre point fort est aujourd’hui réactivé, l’avantage économique : « La hausse du prix des carburants est en effet une opportunité pour relancer l’opération » confie le responsable. « Elle pourrait être un précieux allié et convaincre de nouveaux automobilistes de ne plus rouler seuls ».

Quel avenir sur le Pays Horloger ?

Alors que le dispositif lancé dans le cadre d’un financement et d’un partenariat commun entre France et Suisse arrive à son terme cet année, la question se pose pour l’après 2022. Avec les deux dernières années où le covoiturage a subi un gros coup de frein par peur de la transmission potentielle du virus entre passagers d’un même véhicule, qu’en sera-t-il dans les années à venir ? Jusqu’à présent, la communication s’était concentrée sur les entreprises suisses sollicitées pour relayer les actions. Demain, un travail pourrait être mené côté France pour développer les autres mobilités et les liens entre elles. Par exemple favoriser le rabattement des travailleurs frontaliers vers les gares voire encourager les déplacements en bus. Enfin, en menant un travail commun avec les intercommunalités du territoire, les parkings identifiés et matérialisés jusqu’à présent seront peut-être à revoir. Tout comme la façon de les rejoindre… Est-il nécessaire de prendre sa voiture pour rejoindre des collègues à 500m de chez soi ou ne peut-on pas y aller à pied ou à vélo ? Les réflexions et décisions à venir vont donc aller bien au-delà.

Quelques chiffres :

  • 85 % des trajets domicile-travail se font en voiture
  • 31 km en moyenne sont parcourus pour se rendre au travail
  • 42 mins est le temps moyen pour se rendre au travail
  • Avant COVID 25% des navetteurs faisaient du télétravail
  • En covoiturage : 2300 € et 1.1 t CO2 économisés annuellement