Sa reconduction n’était pas totalement assurée. Dans un Sénat où les rapports de force ont évolué, Sylvie Vermeillet a finalement été réélue à l’unanimité à la vice-présidence de la Haute Assemblée. La progression du groupe centriste, désormais deuxième force politique du Sénat avec 63 membres, a rebattu les cartes dans la répartition des responsabilités. Si l’élue évoque « une belle marque de confiance », elle n’a guère eu le temps de savourer cette réélection.
Cette nouvelle période s’ouvre également sur des défis liés au fonctionnement de l’institution. Chargée d’améliorer l’organisation des travaux parlementaires, Sylvie Vermeillet doit notamment faire face à la multiplication des amendements. Sur la première partie du projet de loi de finances, leur nombre est passé de 500 à 3 500 en cinq ans, avec une prévision de 4 000 cette année. Le tout dans un délai d’examen inchangé de vingt jours. À cette difficulté s’ajoute désormais la question de l’intelligence artificielle, dont l’utilisation pourrait faciliter certains travaux, mais aussi provoquer des blocages dans les débats.
Ces évolutions interviennent alors que la composition politique du Sénat se transforme. La constitution d’un groupe Rassemblement national illustre, selon la sénatrice, « une certaine droitisation ». Elle attend néanmoins de voir si ses nouveaux collègues privilégieront le travail parlementaire ou la posture politique.
Des économies sans sacrifier l’investissement local
Car les prochaines discussions s’annoncent particulièrement délicates, à commencer par celles du budget 2027. Sylvie Vermeillet insiste sur les contraintes financières auxquelles la France doit faire face. Si elle entend les revendications exprimées dans l’Éducation nationale, elle rappelle également les besoins des établissements de santé, des Ehpad et du système de retraite. « On est au bord d’une crise financière », estime-t-elle, en évoquant le poids de la dette publique.
Dans ces conditions, la recherche d’économies apparaît incontournable. La sénatrice propose notamment de revoir le crédit d’impôt recherche, dont le coût dépasse huit milliards d’euros annuels. Elle souhaiterait réserver ce dispositif aux entreprises européennes afin que les investissements publics bénéficient davantage à l’économie du continent. À l’inverse, elle entend préserver les dépenses liées aux retraites et à la défense, qu’elle considère comme prioritaires.
Cette volonté de maîtriser les dépenses ne doit toutefois pas, selon elle, se faire au détriment des collectivités territoriales. Alors que l’État envisage de leur demander une contribution de 2,5 milliards d’euros, l’élue défend un plafonnement des prélèvements à 2 % de leurs recettes réelles de fonctionnement. Elle souhaite surtout maintenir les dotations destinées aux projets locaux. « L’investissement des collectivités, c’est 72 % de l’investissement public », souligne-t-elle.































