
Cyril Abad, photographe documentaire
Le journaliste français travaille depuis 20 ans pour la presse internationale. Son travail est une passerelle entre le documentaire et la photographie de rue. Il pose un regard décalé sur la place de l’homme dans la société.
Ses travaux sont régulièrement publiés dans des médias comme National Geographic, le Figaro Magazine, Guardian, Le Monde…. Il expose également dans de nombreux festivals photographiques et a récemment été lauréat d’un commande du ministère de la Culture et de la BNF sur le projet « France magique ».
Exposition « The snake church »
La galerie de l’ancienne poste présente un travail particulier de Cyril Abad sur un petit nombre d’églises pentecôtistes isolées au cœur des Appalaches, particulièrement dans l’État de West Virginia. Ces églises ont fait de la manipulation de serpents venimeux un véritable acte de foi. Elles s’appuient sur un passage de l’Évangile de Marc « …ceux qui deviendront croyants…prendront des serpents dans leurs mains et s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal… (Marc 16. 17-18).
Cyril Abad à la rencontre de ces communautés
Pour les fidèles, le serpent est l’incarnation du mal. Les services religieux alternent manipulation de reptiles venimeux, danse et musique, faisant monter la transe et avec elle, la venue de l’Esprit Saint.
Cette région des Appalaches est très pauvre depuis la fermeture des mines de charbon qui avait fait sa richesse. Face aux anciennes galeries de mines, la nature a repris ses droits et les habitants ont perdu les leurs. Le recours à des pratiques religieuses extrêmes en est la conséquence.
Le photographe a réussi à trouver la confiance des fidèles et des pasteurs qui officient dans ces « snake churchs », lui permettant de capter, au-delà de l’image, le fondement d’une pratique religieuse étrange qui prétend qu’en cas de morsure (c’est assez courant) le pasteur conclut à un manque de foi.
Si la pratique est interdite dans de nombreux états comme la Virginie occidentale ou le Kentucky, elle est rarement sanctionnée, la Constitution américaine protégeant expressément la liberté individuelle. L’exposition nous fait découvrir ces paroissiens étranges et l’ambiance étonnante des offices.
Yves Gravelin et l’association Grain d’Pixel va régulièrement à la recherche de thématiques permettant aux visiteurs de passer plus facilement de l’autre côté de l’objectif pour saisir toute la symbolique d’une photographie.




























