Grand Besançon. Au conseil communautaire, un consensus autour de l’urgence climatique… sans réelle mesure

Présentée au conseil communautaire du jeudi 25 juin dernier, la première décision modificative (DM1) du budget de Grand Besançon Métropole (GBM) devait être un simple ajustement comptable. Elle s'est transformée en un débat de fond sur l'adaptation de la métropole au changement climatique et sur les priorités du nouvel exécutif.

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Alors que le nouvel exécutif de Grand Besançon Métropole (GBM) présentait sa première décision modificative (DM1), destinée à réaliser « quelques ajustements budgétaires« , selon le vice-président aux finances, Pascal Routhier, cette présentation aura surtout imposé un sujet brûlant : la canicule.

Car au travers de cette décision modificative de près de 5 millions d’euros d’investissements supplémentaires, aucune mesure spécifique ou d’urgence au sujet de la canicule n’est apparue.  Dans un contexte financier difficile marqué par la baisse notable de certaines recettes des intercommunalités, comme le gel de plus de 3,6 millions d’euros lié à la FCTVA et l’évolution des dépenses de fonctionnement, plusieurs crédits ont néanmoins été réajustés.

Dans le détail, la nouvelle gouvernance de Grand Besançon Métropole a abondé 30 000 € supplémentaires pour le sport de haut niveau, 129 000 € pour les travaux de la zone de Chalezeule, 231 000 € pour la requalification de l’entrée de la zone d’activités Madeleine-Brès dans le quartier des Tilleroyes, 107 000 € pour la zone d’activités de Pelousey ou encore 120 000 € pour l’acquisition de nouveaux chalets destinés notamment au Marché de Noël. À cela s’ajoutent les hausses du coût des carburants et du SMIC, absorbées par la collectivité à hauteur de 170 000 € et 250 000 €.

Alors que la température dépassait encore les 30 degrés à l’extérieur, l’absence de mesures pour lutter contre la canicule a aussitôt fait réagir plusieurs élus de Besançon, à commencer par Anne Vignot (Les Écologistes), première opposante bisontine du nouveau président de GBM, Ludovic Fagaut (LR). « Est-ce qu’on est tous d’accord pour dire que c’est une priorité et que dans nos politiques structurantes, on doit mettre en place des choses ? Or cette décision modificative ne répond absolument pas à cette urgence », a-t-elle déploré.

« Aujourd’hui, nous ne sommes pas d’accord avec vos priorités. Nous contestons ces choix politiques car vous n’êtes pas en lien avec les urgences climatiques et sociales. […] Face à la canicule, il y a plusieurs temporalités. Il y a la question de l’urgence et il y a la question structurelle » enchaîne Séverine Véziès (LFI) également opposante bisontine.

Ces premières attaques ont inévitablement remis les rénovations d’écoles et des bâtiments publics au centre du débat. Quelques jours après avoir déclaré dans la presse que « les écoles qui ont été refaites sont aussi chaudes que les écoles anciennes« , Ludovic Fagaut a réitéré ses critiques en séance. Selon lui, « les écoles rénovées n’apportent pas satisfaction sur les millions qui ont été déboursés. […] Il faudra réfléchir à la suite que l’on donne à ces rénovations ». Des propos vigoureusement contestés par Anne Vignot, ancienne maire de Besançon qui a rappelé que les travaux engagés avaient permis d’améliorer sensiblement les conditions d’accueil dans plusieurs écoles. « Quelle serait la situation dans ces écoles si nous n’avions pas agi pour la rénovation ? », a-t-elle interrogé. Des propos également contredits par des enseignants et parents d’élèves de Besançon.

Les maires du Grand Besançon veulent des solutions urgentes mais aussi structurelles

Derrière l’inlassable confrontation bisontine entre deux camps irréconciliables, les idées et débats de fonds ont surtout été portés par des maires et conseillers communautaires de l’agglomération. Ceux-ci relevant l’impératif de répondre à « l’urgence » par des moyens techniques comme la climatisation, mais également par des rénovations d’ampleur sur le long terme. Chacun allant de son exemple, comme Pascal Routhier, maire de Saint-Vit prenant l’exemple de la géothermie suédoise « particulièrement efficace » permettant de rester « autour des 26°C » dans l’école de la commune.

Une solution innovante toutefois confrontée à deux problématiques : son coût et l’état des sols, différents d’une commune à l’autre du Grand Besançon. « Il existe une solution pas très cher et qui marche bien. C’est de planter des arbres et de ne pas les tailler. L’arbre c’est ce qui est le plus rafraichissant », a rappelé Laurent Jeunet, 1er adjoint à Montfaucon, relevant l’importance de la végétation dans le stockage de la fraicheur. Premier concerné par ce débat, Anthony Nappez, vice-président en charge des bâtiments et maire des Auxons s’est mué en conciliateur rappelant le travail effectué par la précédente équipe en place et l’impératif de poursuivre les travaux engagés. « Je souhaite que ce soit amplifié » .

Vers un plan d’urgence ?

Jean-Paul Michaud maire de Thoraise et vice-président chargé du PLUi et du SCOT, a insisté sur la nécessité d’ « une planification » de long terme afin d’intégrer « nouvelles formes de constructions et un changement de modèle dans le domaine de l’habitat, industriel et commercial. Ce changement de modèle indispensable. » a-t-il insisté.  De son côté, Pascal Deriot, maire de Thise et vice-président chargé de l’habitat, a proposé l’élaboration d’un véritable plan d’urgence à destination des communes : « travaillons sur un plan d’urgence avec les premiers gestes à effectuer et donnons des outils efficaces aux maires pour gérer les choses. Il faut de l’argent et un plan.«

Si aucune décision concrète n’a été prise à l’issue de cet échange, le consensus des élus de l’agglomération sur la nécessité d’adapter les politiques publiques aux épisodes de canicule durables ne pourra pas être ignoré par la nouvelle gouvernance. Reste désormais à savoir si cette prise de conscience se traduira dès les prochains budgets présentés par Ludovic Fagaut.