Rentrée scolaire « apaisée et engagée » dans l’académie de Besançon

Pour Nathalie Albert-Moretti, rectrice de l’académie de Besançon, c’était sa première rentrée. Le point-presse du 30 septembre rassemblait également les inspecteurs d’académie des 4 départements francs-comtois et  Valérie Pinset, la secrétaire générale du rectorat.

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Valérie Pinset, Secrétaire générale de l'académie, Nathalie Albert-Moretti, Rectrice de l'Académie de Besançon et Patrice Durand, Inspecteur d'Académie ©YQ
Équilibres démographiques à la rentrée 2022-2023

203 511 écoliers, collégiens et lycéens ont fait la rentrée en Franche-Comté le 1er septembre, soit 1,6% d’élèves en moins par rapport à 2021. La baisse est plus sensible dans le 1er degré (-2,3%). Dans le second degré les effectifs restent stables sauf pour les étudiants post-bac (BTS et classes préparatoires) qui enregistrent une diminution de 4,9%. Selon la Secrétaire générale du rectorat « il n’y a pas eu de suppression de classes ou de filières post-bac. Les élèves vont probablement dans d’autres académies mais nous ne sommes pas capables de donner des explications précises » ! La question de l’attractivité plus globalement de la Franche-Comté pour s’engager dans des études supérieures se pose donc bien.

L’académie de Besançon compte 1 274 établissements répartis en 1 062 écoles élémentaires, 143 collèges, 65 lycées dont 29 lycées professionnels et 2 établissements d’enseignement adapté.

Un taux d’encadrement performant selon l’académie

L’encadrement des élèves est plus performant qu’au niveau national autant dans le premier degré (21,5 élèves par classe) que dans le second degré public (25 élèves par classe dans le premier cycle et 30,4 dans le second cycle général et technologique).

Le seul département du Doubs concentre près de 50% des effectifs de toute la Franche-Comté : 52 121 élèves dans le 1er degré, 27 145 dans les collèges, 17 469 en lycées et 2 553 dans les formations post-bac.

Dans le 1er degré, malgré la baisse démographique, l’académie maintient le même nombre de postes d’enseignants. « Il y a un enseignant dans chaque classe de l’académie » souligne Nathalie Albert-Moretti. Dans le second degré, 7% des postes restaient à pourvoir la veille de la rentrée scolaire !

Pour assurer une école plus inclusive, l’académie de Besançon a créé 20 postes d’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) pour cette rentrée 2022.

Une école durablement engagée

Nathalie Albert-Moretti a fait le service après-vente du ministre de l’Education Nationale. « L’égalité des chances est bien notre objectif et la colonne vertébrale de notre action ». Si elle admet « le niveau insuffisant des élèves » elle entend participer à la valorisation du corps enseignant et le meilleur professionnalisme des contractuels. Après la polémique sur le job-dating dans l’académie de Versailles, la Rectrice de Besançon assure que les contractuels recrutés sans expérience d’enseignement bénéficieront d’une période de 220 heures de formation par an. L’académie compte pour cette rentrée 360 contractuels dont 20 sont nouveaux. Valérie Pinset ajoute « les contractuels ayant déjà une expérience d’enseignant souvent depuis plusieurs années bénéficie d’une mise à jour de leurs connaissances pédagogiques de quelques jours ».

Contraintes sanitaires et économies d’énergie

Le port du masque est désormais facultatif pour les élèves et les enseignants. La Rectrice a souligné le maintien des gestes barrière (lavage des mains, gel hydro alcoolique…) Elle a mis l’accent sur l’aération régulière des locaux. Toutefois, elle admet la difficulté de concilier l’aération des salles de classes et les nécessaires économies d’énergie en période hivernale. Elle compte sur l’installation des capteurs de CO² dans les salles pour réduire les temps d’aération !

« La France ne fait pas ce qu’il faut pour les enfants pauvres »

La phrase du ministre de l’éducation nationale Pap Ndiaye semblait remettre en question les efforts entrepris par son prédécesseur, en particulier sur le dédoublement des classes dans les quartiers prioritaires. Valérie Pinset précise le propos du ministre « Cela ne remet pas en question les décisions déjà prises qui devront encore être renforcées. Nous souhaitons aussi inciter les établissements à mieux utiliser les « fonds sociaux » mis à leur disposition qui ne sont pas assez utilisés ».

93 éco délégués élus dans l’académie

En collège et en lycée, les élèves élisent des éco-délégués chargés à la mise en œuvre du développement durable dans leurs établissements. Ils mènent, en partenariat avec les équipes éducatives, des projets écoresponsables pour créer des espaces de biodiversité et lutter contre le réchauffement climatique.

Une rentrée égale aux précédentes… Il faut que rien ne change !

Les réponses aux questions posées ici et là à des enseignants, hors cadre syndical, sont éloquentes. Comment comprendre l’aberration des indemnités de déplacement pour les enseignants remplaçants « Je ne suis pas indemnisé si mon établissement est situé à 100 kms de mon lieu de résidence mais proche de mon établissement de rattachement… ».

Comment comprendre les affectations de dernière minute la veille de la rentrée scolaire ou même l’absence d’affectation. Des témoignages confirment que des enseignants sans classe vont arroser les plantes ou couvrir les livres au CDI ou encore des affectations dans des disciplines sans lien avec la formation des professeurs (par exemple un prof de math qui va enseigner en histoire-géo).

Rien n’est fait en réalité en profondeur pour « débureaucratiser le mammouth », la célèbre phrase de  Claude Allègre en 1997. Le constat sur le niveau des élèves est alarmant. Les enseignants ont le sentiment d’être les « soutiers » non reconnus et non valorisés d’une administration tatillonne.

Yves Quemeneur