
La venue de Vincent Jeanbrun fin mai à Besançon n’avait rien d’un hasard. Si officiellement celle-ci a permis de mettre en avant « le travail précurseur du Département du Doubs en matière de logement » dixit le ministre de la Ville et du Logement, le choix de la destination a été guidé par son nouveau membre de cabinet, Jérémy Beaud. À 27 ans, le bisontin originaire de Gonsans a été nommé « Conseiller Développement économique, Emploi, Insertion, Actions républicaines » depuis le début du mois de juin, après avoir officié auprès du ministre depuis plusieurs mois comme chargé de mission.
Des stages chez les élus Les Républicains, puis au conseil d’État
Un poste qui récompense un parcours éloigné du cursus traditionnel mêlant SciencesPo, l’école nationale d’administration (ENA, devenu depuis l’institut national du service public) ou encore l’école normale supérieure. L’étudiant lui, n’a jamais quitté sa ville ou presque et le revendique. « J’ai commencé par un master 2 en droit public aussi appelé « Droit de l’action publique » avec lequel j’ai réussi à décrocher un stage de fin d’études au Conseil d’État. De mémoire, nous étions seulement quatre sur une cinquantaine à venir d’une fac de ville moyenne », se remémore Jérémy Beaud. Très tôt engagé en politique et encarté chez Les Républicains (LR), il découvre le fonctionnement des collectivités et la vie des élus au cours de différents stages aux côtés des ténors du parti au niveau local, comme le sénateur Jacques Grosperrin ou encore la présidente du Département Christine Bouquin.
Un premier poste auprès de Catherine Vautrin, en pleine tempête politique
Les premières expériences ministérielles se concrétisent après un an à l’Université Paris-Dauphine pour y décrocher un dernier Master 2 Droit du plaidoyer et des affaires publiques. « Grâce à l’enseignement de la faculté bisontine, je n’ai jamais eu l’impression d’être « en retard » vis-à-vis des autres. J’ai passé plusieurs entretiens et suis entré au cabinet de Catherine Vautrin, nommée ministre du partenariat avec les Territoires et de la décentralisation. Mon parcours a été une force. »
Outre l’exercice du pouvoir, Jérémy Beaud vit surtout de l’intérieur une parenthèse politique historique en France. Recruté par le cabinet de Catherine Vautrin au mois d’octobre 2024, le chargé de mission se retrouve au chômage un mois plus tard après la censure du gouvernement Barnier, le 4 décembre 2024. Le bisontin reste aux côtés de Catherine Vautrin, maintenue dans le gouvernement Bayrou mais au ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, avant de vivre la rocambolesque rentrée 2025 où Sébastien Lecornu, tout juste nommé Premier ministre, présente un gouvernement aussitôt démissionnaire. « Mon professeur à la faculté de Besançon, M.Geslot, nous avait démontré à quel point le système politique français incarnait la stabilité, n’ayant jamais été renversé par l’adoption d’une motion de censure depuis 1962. Et pour mon premier emploi, je vis l’exact inverse », sourit Jérémy Beaud. La stabilité, l’intéressé la retrouve avec cette nouvelle équipe même s’il le concède : « notre vie est constamment guidée par les conséquences de chaque élection ». « Je ne sais pas où je serai en mars 2027. Mais à Paris, j’ai surtout appris à démystifier le fait de ne pas sortir d’une grande école pour s’ouvrir des portes. Mes professeurs n’arrêtaient pas de me le répéter et l’université bisontine offre un cadre très solide pour construire son parcours ».
































