Pontarlier. Le Grand Pontarlier adopte une motion contre la consigne pour les bouteilles en plastique

En mai dernier, le président de la République a annoncé que la consigne sur les bouteilles en plastique serait l’un des leviers envisagés pour atteindre les objectifs de recyclage en 2030. De vives critiques ont été portées par l’Association des Maires de France et Intercommunalités de France. La CCGP partage les craintes et vote une motion contre la consigne pour les bouteilles en plastique lors de son conseil communautaire du 30 juin.

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Pontarlier consigne bouteilles plastique
Photo d'illustration ©123RF

La question de la consigne des bouteilles en plastique ne date pas d’hier, mais elle a été remise sur la table lorsqu’en mai dernier, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé que cette consigne serait l’un des leviers envisagés pour atteindre les objectifs de recyclage de 2030.

Il a rappelé que la France payait aujourd’hui « 1,5 milliard d’euros parce que nous ne respectons pas les normes européennes sur la consigne ».

Cette annonce a provoqué de vives critiques portées par l’Association des Maires de France et Intercommunalités de France qui dénoncent « l’aberration environnementale et financière de ce projet » dans un communiqué de presse en date du 19 mai dernier.

Selon eux, « la consigne pour recyclage, sans garantie de résultat, participerait à l’augmentation permanente des tonnages de plastique mis en marché malgré des objectifs de réduction ancrés dans la loi AGEC, et permettrait à de nombreux vendeurs d’eau et de soda de récupérer une manne financière conséquente ».

« Des surcoûts considérables pour les consommateurs et les collectivités »

Le sénateur du Doubs et président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, Jean-François Longeot, a exprimé des craintes quant aux conséquences de cette mesure pour les intercommunalités.

Craintes partagées par la communauté de communes du Grand Pontarlier, lors du conseil communautaire du 30 juin.

« Le territoire du Doubs, exemplaire en matière de tri et de recyclage, verrait son équilibre économique fragilisé par l’instauration d’un système de consigne plastique. Ce dispositif, en plus d’être une aberration écologique coûteuse et contre productive, menacerait directement le Service Public de Gestion des Déchets (SPGD) que la CCGP a modernisé ces dernières années grâce à des investissements massifs, notamment pour généraliser l’extension des consignes de tri. La coexistence de deux systèmes parallèles de collecte entraînerait des surcoûts considérables pour les consommateurs et les collectivités, tout en complexifiant le geste de tri, après des années d’efforts publics pour le simplifier. Par ailleurs, la diminution du poids de matière recyclable collectée réduirait mécaniquement les recettes des collectivités compétentes, déjà mises à mal par les dépenses engagées pour préserver l’attractivité des centres-bourgs et soutenir les commerces de proximité », estime la CCGP.

De son côté, le président du Grand Pontarlier, Nicolas Barbe, rappelle que « l’annonce du président de la République part d’un bon sentiment. Il faut accélérer et récupérer plus de plastique. Sauf que là, on a alerté, via l’association des maires de France et Intercommunalités, pour dire qu’on a investi massivement, en tout cas pour le Doubs, dans des systèmes de recyclage du plastique qui sont loin d’être amortis ».

La CCGP souligne aussi dans sa synthèse que « la mise en place de machines de reprise des consignes principalement dans les grandes surfaces désavantagerait les commerces locaux, piliers de la vitalité des territoires ruraux. Ce système, en plus d’être absurde, irait à l’encontre des efforts déployés pour maintenir une économie de proximité et préserver l’attractivité des centres-villes ».

La collectivité a alors souhaité exprimer son opposition à la consigne pour les bouteilles plastiques et a voté une motion d’opposition à l’unanimité.

Elle demande au préfet du Doubs de transmettre sa position au Gouvernement.