Besançon. Le Mémorial de la Shoah poursuit son partenariat avec l’Académie de Besançon

Le jeudi 7 mai 2026, Nathalie Albert-Moretti, Rectrice de l’Académie de Besançon et Jacques Fredj, Directeur du mémorial de la Shoah, ont reconduit pour la troisième fois leur partenariat afin de renforcer l’enseignement de la Shoah et des génocides contemporains.

34
Le 7 mai 2026, Nathalie Albert-Moretti, Rectrice de l'Académie de Besançon et Jacques Fredj, Directeur du Mémorial de la Shoah, ont reconduit pour la troisième fois le partenariat qui les unit pour renforcer dans les établissements scolaires l'enseignement de la Shoah et des génocides ©YQ

Le jeudi 7 mai, le Mémorial de la Shoah et l’Académie de Besançon ont renouvelé leur partenariat pour la troisième fois. La convention a pour but de renforcer l’enseignement de la Shoah et des génocides contemporains en mettant à la disposition des élèves, des enseignants et de l’ensemble de la communauté éducative, des ressources pédagogiques et des actions de formation adaptées.

Un mémorial né en 1943

Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah, a rappelé l’histoire de ce lieu de mémoire créé dans la clandestinité en 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale pour recenser, collecter et diffuser le maximum d’archives relatives à l’extermination des juifs d’Europe par l’Allemagne nazie.

En 1956, il devient physiquement un mémorial installé dans le quartier du Marais à Paris qui s’ouvrira au public au début des années 2000.

Vidéo intégrée

Ce Mémorial de la Shoah est distinct du mémorial de la déportation situé sur l’île de la Cité, lieu de réflexion et de recueillement, il incite à se souvenir de l’ensemble des déportés de la Seconde Guerre mondiale.

50 millions d’archives

Centre d’archives, musée, le Mémorial de la Shoah est aujourd’hui un lieu de médiation essentiel pour la transmission et la mémoire. Les 50 millions d’archives ouvertes au public, aux étudiants et aux chercheurs ont vocation à maintenir vivante la mémoire des millions de juifs assassinés par le régime nazi.

Une histoire plus large des génocides contemporains

D’un point de vue juridique et au regard du droit international, le terme de génocide (du grec genos « race » et du latin cide « tuer ») désigne l’extermination physique, intentionnelle, systématique et préméditée d’un groupe humain en raison de ses origines.

Jacques Fredj insiste sur l’enseignement de tous les génocides contemporains, notamment le génocide arménien (pourtant nié par la Turquie) et celui perpétué au Rwanda en 1994 à l’encontre des Tutsis, un génocide de 3 mois qui a fait un million de victimes.

Pour le directeur du Mémorial de la Shoah, l’extermination des juifs d’Europe par le régime nazi est le seul génocide qui se soit déroulé sur une dizaine d’années.

Le nazisme ne se résume pas à l’antisémitisme

« Il porte son origine dans l’eugénisme né au XIXe siècle. Cette idéologie entendait favoriser les bonnes naissances. Il s’agissait d’améliorer la race humaine. L’Allemagne nazie a poussé l’idéologie à l’extrême en passant par l’euthanasie des individus « indésirables » : juifs, tsiganes, homosexuels, asociaux…pour créer cette race aryenne supérieure ».

Exposition « Homosexuels et lesbiennes dans l’Allemagne nazie »

Le lycée Pasteur de Besançon a mis l’accent sur ce thème particulier pour mettre en avant la lutte contre l’homophobie qui reste d’actualité. Plus de 400 lycéens de plusieurs établissements bisontins sont venus voir cette exposition, à quelques jours de la commémoration de la capitulation de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945.

A cette occasion, Nathalie Albert-Moretti, rectrice de l’Académie de Besançon, a rappelé l’importance du développement de l’esprit critique pour les jeunes générations qui sont confrontées quotidiennement aux réseaux sociaux et aux fake news.

Elle a également souligné le nécessaire travail de mémoire pour entretenir le souvenir de cette période. C’est tout le sens de la convention qui lie durablement l’Académie de Besançon et le Mémorial de la Shoah.

Yves Quemeneur